Comète 3I/ATLAS : l’essentiel sur cette visiteuse interstellaire
En 2025, nous avons accueilli un visiteur rare dans notre ciel : la comète interstellaire 3I/ATLAS. Il s’agit seulement du troisième objet interstellaire jamais découvert, ce qui en fait un visiteur véritablement exceptionnel. Mais certains avancent une hypothèse plus audacieuse : et s’il s’agissait d’une sonde extraterrestre traversant notre Système solaire ? Quelle que soit votre opinion, 3I/ATLAS a offert aux astronomes une occasion rare d’étudier de la matière venue d’un autre système stellaire. Dans cet article, nous revenons sur ce qui s’est passé lors de son passage dans le Système solaire et sur ce que les scientifiques ont réussi à apprendre à son sujet.
Contenu
- Qu’est-ce que 3I/ATLAS ?
- 3I/ATLAS en rétrospective : les moments clés
- Questions fréquentes sur la comète 3I/ATLAS
- Pourquoi la comète 3I/ATLAS est-elle spéciale ?
- La comète 3I/ATLAS est-elle le seul objet interstellaire jamais trouvé ?
- Comment sait-on que 3I/ATLAS ne vient pas de notre Système solaire ?
- La comète 3I/ATLAS va-t-elle percuter la Terre ?
- Quand 3I/ATLAS quittera-t-elle le Système solaire ?
- Est-on certain que 3I/ATLAS est une comète ? Pourrait-elle être un vaisseau extraterrestre ?
- 31 ATLAS, 3AI ATLAS, ATLAS 3I : quel est le nom correct ?
- Découverte de la comète 3I/ATLAS
- Comète 3I/ATLAS : en résumé
Qu’est-ce que 3I/ATLAS ?
3I/ATLAS est le troisième objet interstellaire connu — un visiteur exceptionnel venu d’au-delà de notre Système solaire. Il a été observé pour la première fois le 1er juillet 2025 par le télescope de l’enquête ATLAS au Chili. La majorité des scientifiques, ainsi que la NASA, l’ESA et d'autres agences, s'accordent à dire que 3I/ATLAS est une comète naturelle — le troisième objet interstellaire confirmé, après ‘Oumuamua et la comète 2I/Borisov. Mais tout le monde n’est pas convaincu : certains affirment que ses caractéristiques inhabituelles laissent place à des théories plus exotiques.
3I/ATLAS est-elle un vaisseau extraterrestre ou une comète ? Un professeur de Harvard face à la communauté scientifique
Depuis sa découverte, l’astronome de Harvard Avi Loeb remet en question la nature de 3I/ATLAS, doutant qu’il s’agisse d’une comète ordinaire. Il souligne sa luminosité inhabituelle, sa trajectoire extrêmement précise à travers le Système solaire et l’absence initiale de dégazage typique des comètes — affirmant qu’elle ne se comporte pas comme une comète. Dans ses commentaires ultérieurs, Loeb a noté sa stabilité inattendue et sa grande masse, suggérant que si l’objet venait à modifier sa trajectoire près du Soleil, cela pourrait indiquer une propulsion technologique plutôt que des forces naturelles. Il a même plaisanté en disant que les gens devraient « prendre leurs vacances avant le 29 octobre », date à laquelle la comète a atteint son périhélie — au cas où ce serait quelque chose de bien plus étrange que prévu.
La plupart des astronomes, cependant, ne partagent pas son avis. Les observations du Hubble, de SPHEREx et des orbiteurs martiens de l’ESA révèlent des signes caractéristiques d’une comète classique : un petit noyau glacé, une chevelure riche en dioxyde de carbone, des jets de vapeur d’eau, et même une rare antiqueue provoquée par la géométrie d’observation. Les preuves montrent que 3I/ATLAS était une comète naturelle remarquable, offrant aux scientifiques une occasion sans précédent d’étudier la chimie des objets interstellaires.

3I/ATLAS en rétrospective : les moments clés
Il s’est passé tellement de choses depuis l’arrivée remarquée de la comète interstellaire 3I/ATLAS qu’il est facile de s’y perdre. Elle a changé d’apparence, s’est cachée derrière le Soleil, a frôlé Mars et est devenue la cible d’une vaste campagne internationale d’observation. Voici un récapitulatif des moments les plus importants de l’histoire de cette mystérieuse visiteuse venue d’un autre système stellaire.
- 20 sept. : Les astronomes observent une mystérieuse lueur verte autour de 3I/ATLAS — probablement causée par des gaz inhabituels.
- 23 sept. : Une nouvelle théorie suggère que 3I/ATLAS pourrait être une “graine de formation planétaire”, un vestige qui aide à construire des mondes dans les jeunes systèmes stellaires.
- 23 sept. : Une tempête solaire est prévue pour frapper la comète — une première pour un visiteur interstellaire.
- 25 sept. : Avi Loeb remarque que la comète ne montre aucune accélération non gravitationnelle et pourrait être anormalement massive.
- 28 sept. : Loeb relie 3I/ATLAS au légendaire “signal Wow!” de 1977, alors qu’elle traverse la même région du ciel.
- 29 sept. : La comète survit sans dommage à une tempête solaire, contrairement à de nombreuses comètes de notre Système solaire.
- 30 sept. : 3I/ATLAS passe derrière le Soleil, disparaissant jusqu’à la fin novembre.
- 1er oct. : La comète s’approche de Mars, donnant aux orbiteurs et rovers de la NASA une chance de l’observer de près.
- 5 oct. : Une nouvelle photo orbitale de Mars confirme la faible lueur de la comète.
- 7 oct. : Les missions ExoMars et Mars Express de l’ESA capturent de nouvelles images montrant sa chevelure délicate.
- 7 oct. : L’observatoire Swift de la NASA détecte de la vapeur d’eau — la première détection confirmée sur une comète interstellaire à une distance aussi grande du Soleil.
- 19 oct. : L’Observatoire Keck observe une rare antiqueue, semblant pointer vers le Soleil en raison de la géométrie de vue.
- 21 oct. : Alors que la comète est cachée derrière le Soleil, Loeb suggère qu’elle pourrait utiliser l’effet Oberth pour modifier sa trajectoire discrètement.
- 29 oct. : 3I/ATLAS survit à son passage rapproché près du Soleil et s’illumine soudainement.
- 2 nov. : 3I/ATLAS réapparaît après avoir été perdue dans l’éclat du Soleil.
- 4 nov. : La comète interstellaire 3I/ATLAS semble encore changer de couleur — des images récentes montrent le visiteur virer vers une teinte bleuâtre.
- 5 nov. : Alors que la comète 3I/ATLAS quittait le périhélie, des chercheurs ont noté un léger écart dans sa trajectoire, ce qui a alimenté des rumeurs de changement de cap.
- 10 nov. : Les dernières images prises en Espagne montrent clairement deux queues distinctes sur 3I/ATLAS : une large queue de poussière et une antiqueue plus rare pointant vers le Soleil.
- 10 nov. : Le radiotélescope MeerKAT en Afrique du Sud a détecté un signal radio provenant de 3I/ATLAS — une émission de fond stable typique du gaz et de la poussière dans l’espace, et non un signal modulé transportant des informations.
- 11 nov. : De nouvelles observations suggèrent que 3I/ATLAS a été transformée par les rayons cosmiques galactiques durant son long voyage entre les étoiles, laissant une couche extérieure altérée.
- 11 nov. : L’astronome de Harvard Avi Loeb a supposé que 3I/ATLAS n’avait peut-être pas survécu à son frôlement du Soleil.
- 20 nov. : La NASA a enfin dévoilé les images très attendues de 3I/ATLAS prises lors de son survol rapproché de Mars début octobre.
- 25 nov. : L’International Asteroid Warning Network (IAWN) a annoncé sa campagne spéciale d’astrométrie pour 3I/ATLAS, menée du 27 novembre 2025 au 27 janvier 2026.
- 1er déc. : De nouvelles images suggèrent que 3I/ATLAS pourrait être couverte de “volcans de glace”, avec des jets en spirale jaillissant de sa surface.
- 1er déc. : Avi Loeb a suggéré que la luminosité de la comète pourrait pulser comme un “battement de cœur” toutes les 16 heures, même si aucune explication consensuelle n’a émergé.
- 10 déc. : Une gigantesque région active solaire s’est alignée avec la trajectoire de la comète, augmentant la possibilité que 3I/ATLAS soit frappée par du plasma issu de fortes éruptions solaires.
- 10 déc. : L’astrophotographe Osama Fathi a capturé une image saisissante de 3I/ATLAS au-dessus du Désert Noir d’Égypte.
- 11 déc. : La NASA a rappelé que 3I/ATLAS ne représentait aucun danger pour la Terre avant son passage rapproché du 19 décembre 2025 à environ 1,8 UA.
- 19 déc. : 3I/ATLAS a atteint sa plus grande proximité avec la Terre, tout en restant à une distance sûre et en offrant l’une des dernières grandes occasions d’observation.
- Début 2026 : La comète a poursuivi son éloignement sur une trajectoire hyperbolique, tandis que les observations sont passées du suivi en temps réel à l’analyse des données recueillies.
Questions fréquentes sur la comète 3I/ATLAS
Pourquoi la comète 3I/ATLAS est-elle spéciale ?
Pour commencer, c’est un véritable objet interstellaire, ce qui signifie qu’elle ne s’est pas formée dans notre Système solaire, mais qu’elle vient d’un autre système stellaire. Ces objets sont extrêmement rares, donc chaque découverte est un événement. De plus, les premières estimations suggèrent que son noyau pourrait atteindre 5 kilomètres de diamètre, ce qui en ferait l’un des plus grands corps interstellaires jamais observés.
La comète 3I/ATLAS est-elle le seul objet interstellaire jamais trouvé ?
Non. En réalité, 3I/ATLAS est le troisième objet interstellaire confirmé à entrer dans notre Système solaire. Le tout premier fut l’objet étrange appelé ‘Oumuamua, découvert en 2017 — un rocher allongé que certains ont comparé à un vaisseau alien. Ensuite, en 2019, est venue 2I/Borisov, qui s’est comportée comme une comète classique, avec une belle chevelure et une queue lumineuse.
Comment sait-on que 3I/ATLAS ne vient pas de notre Système solaire ?
Sa trajectoire inhabituelle a été le premier indice majeur : elle n’était pas fermée, mais hyperbolique, ce qui a amené les astronomes à soupçonner une origine non locale. Ensuite, les calculs orbitaux l’ont confirmé : 3I/ATLAS suit une trajectoire nettement hyperbolique, avec une vitesse et un excès d’énergie typiques des objets interstellaires, trop élevés pour une orbite gravitationnellement liée au Soleil.
La comète 3I/ATLAS va-t-elle percuter la Terre ?

Pas d’inquiétude — la comète 3I/ATLAS a traversé la partie interne du Système solaire, mais est restée très éloignée de la Terre. Son approche la plus proche a eu lieu le 19 décembre 2025. La distance entre les deux corps était d’environ 1,8 UA, soit environ 269 millions de km — près du double de la distance moyenne Terre–Soleil.
Quand 3I/ATLAS quittera-t-elle le Système solaire ?
Après son passage au plus près du Soleil fin octobre 2025, 3I/ATLAS a entamé son voyage de retour vers l’espace interstellaire. À environ 30 km/s sur une trajectoire clairement hyperbolique, elle va assez vite pour échapper entièrement à la gravité du Soleil. En repartant, la comète a atteint son point le plus proche de la Terre le 19 décembre 2025, puis a dépassé l’orbite de Jupiter vers le 16 mars 2026. Au début des années 2030, elle aura quitté la région planétaire du Système solaire.
Est-on certain que 3I/ATLAS est une comète ? Pourrait-elle être un vaisseau extraterrestre ?
La probabilité la plus forte est que 3I/ATLAS soit une véritable comète. Elle possède un noyau glacé, émet du gaz et de la poussière, et développe une chevelure ainsi qu’une queue — le comportement typique d’une comète (consultez notre article spécial sur les comètes pour en savoir plus). On aurait aimé que ce soit un signe de vie extraterrestre… mais ce ne sera pas pour cette fois.
Les gens ont envie d’y croire, ce qui explique pourquoi tant de choses ordinaires sont prises pour des OVNIs — des ballons météorologiques aux satellites artificiels visibles dans le ciel nocturne. Pour vous aider, nous avons rassemblé les confusions les plus fréquentes dans une infographie dédiée. Ne vous laissez pas berner !

31 ATLAS, 3AI ATLAS, ATLAS 3I : quel est le nom correct ?
Si vous avez vu des gens en ligne l’appeler “31 ATLAS” ou “3AI ATLAS”, pas de panique — tous désignent le même objet. Les désignations officielles sont C/2025 N1 (ATLAS) et 3I/ATLAS, qui semblent différentes mais se réfèrent à la même comète interstellaire.
C/2025 N1 (ATLAS) est sa désignation provisoire, suivant les règles de nommage de l’UAI :
- C/ — comète non périodique
- 2025 — année de découverte
- N1 — premier objet découvert durant la première moitié de juillet (“N”)
- ATLAS — nom du projet qui l’a découverte
3I/ATLAS est sa seconde désignation, qui respecte également les règles de l’UAI, mais souligne sa nature interstellaire :
- 3I indique qu’il s’agit du troisième objet interstellaire confirmé (après 1I/‘Oumuamua et 2I/Borisov)
- ATLAS fait toujours référence au projet de découverte
Ainsi, C/2025 N1 (ATLAS) l’inscrit dans le catalogue des comètes du Système solaire, tandis que 3I/ATLAS met en lumière son statut unique de visiteur interstellaire. Les deux noms sont corrects : ils racontent simplement l’histoire sous deux angles différents.
Découverte de la comète 3I/ATLAS

La comète a été découverte le 1er juillet 2025 par un télescope automatisé du projet ATLAS au Chili, conçu pour repérer les astéroïdes potentiellement dangereux. Sur les images initiales, l’objet ressemblait à une étoile très faible de magnitude 20, située à environ 4,5 milliards de kilomètres du Soleil. Dès le lendemain, les calculs ont montré que sa trajectoire n’était pas fermée, mais hyperbolique — signe qu’il venait de l’extérieur du Système solaire. Le 2 juillet, le Minor Planet Center a officiellement confirmé son origine interstellaire.
Au départ, l’objet était considéré comme un astéroïde. Mais les observations suivantes ont révélé des signes d’activité cométaire, avec une petite chevelure et une courte queue. Au fil des semaines, sa luminosité a lentement augmenté, confirmant qu’il s’agissait bien d’une véritable comète.
Pourquoi les comètes interstellaires comme 3I/ATLAS sont-elles si rares ?
La plupart des comètes que nous observons dans le ciel nocturne appartiennent au Système solaire. Elles se sont formées il y a des milliards d’années dans des régions lointaines comme le nuage d’Oort ou la ceinture de Kuiper, et suivent des orbites longues et elliptiques autour du Soleil. La gravité des planètes peut parfois modifier leur trajectoire, mais elles restent liées à notre étoile.
Une comète interstellaire, en revanche, a une histoire complètement différente. Elle se forme dans un autre système planétaire, puis reçoit un “coup de pied” gravitationnel tellement fort — d’une planète géante ou d’une étoile voisine — qu’elle est éjectée à jamais. Elle dérive ensuite dans la galaxie pendant des millions ou milliards d’années, jusqu’à croiser, par pur hasard, notre Système solaire. Cette probabilité est minuscule — c’est pourquoi seuls trois objets interstellaires ont été identifiés jusqu’à aujourd’hui, dont 3I/ATLAS.
Pourquoi les astronomes s’intéressent-ils autant aux objets interstellaires ?
Les visiteurs interstellaires comme 3I/ATLAS sont inestimables pour la science : ce sont des messagers naturels venus d’autres systèmes stellaires. Contrairement aux comètes locales, nées dans notre propre Système solaire, ces objets se sont formés autour d’étoiles différentes, puis ont erré à travers la galaxie pendant des millions d’années avant de nous atteindre.
Les étudier permet aux astronomes de comparer les processus de formation des planètes et des comètes dans d’autres environnements. Les observations de 3I/ATLAS montrent qu’elle contenait très probablement de l’eau et du dioxyde de carbone — les mêmes ingrédients que dans les comètes locales. Cela suggère que la “recette” pour former des comètes, et peut-être même des planètes, est semblable dans toute la galaxie.
Comète 3I/ATLAS : en résumé
La comète 3I/ATLAS (C/2025 N1) est le troisième objet interstellaire jamais détecté dans notre Système solaire, après ‘Oumuamua et 2I/Borisov. Elle était imposante — son noyau mesurait entre 0,6 et 5,6 km de diamètre — et rapide, se déplaçant à environ 210 000 km/h. Lors de son passage dans la partie interne du Système solaire, elle a offert aux astronomes une occasion rare d’étudier, grâce aux observatoires au sol et aux sondes spatiales, un messager venu d’un autre système stellaire. Aujourd’hui, 3I/ATLAS poursuit son éloignement sur une trajectoire hyperbolique, mais les données recueillies pendant sa visite continueront d’aider les scientifiques à mieux comprendre les objets interstellaires pendant de nombreuses années.
D’autres comètes à suivre
Même si 3I/ATLAS a déjà poursuivi sa route hors du Système solaire, il y a toujours d’autres comètes intéressantes à observer. Consultez notre article régulièrement mis à jour sur les meilleures comètes à voir en ce moment pour rester informé des voyageurs les plus lumineux du ciel.
